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Mory Kanté, l’inventeur de la Kora électrique

23 juin 2020 - Eticketips
Mory Kanté, l’inventeur de la Kora électrique

Descendant de Soumangourou Kanté fondateur de l’empire « soussou », Mory Kanté est né le 20 mars 1950 à Kissidougou. Une petite localité située dans le sud de la Guinée Conakry. Issu d’une fratrie de plus de 38 enfants, Mory Kanté est à l’origine un « forgeron » baptisé et initié à la griotique par son grand-père maternel qui était un puissant chef griot. Très vite, il apprend à jouer au balafon, instrument considéré comme sacré dans sa lignée.

A l’âge de 7ans, il effectue un voyage à Bamako auprès de sa tante Ba Kamissoko grande cantatrice au Mali ;  lequel voyage va servir d’initiation aux rituels traditionnels qui donne  sa profondeur à la culture mandingue. Ce sont le chant, la danse, le conte, l’art oratoire, la poésie, et les instruments traditionnels. Programme bien dense pour un enfant de son âge mais il le faisait avec  facilité et délectation.   

Adolescent, il rencontre le « vieux » Batou Sékou Kouyaté, un virtuose de la Kora reconnu dans tout le Mandé, qui l’invite à l’accompagner au balafon dans ses différentes prestations. Une alchimie naît entre le « vieux » et le jeune Mory Kanté. Ils parcoururent presque toute la ville de Bamako pour animer les mariages, baptêmes et cérémonies officielles. Batou Sékou Kouyaté sentant la vieillesse prendre le dessus, lègue l’une de ses vielles Kora avec quelques petits secrets et prescriptions à Mory Kanté qu’il considérait désormais comme son fils. C’est grâce à cette harpe qu’il a son nom gravé  dans l’histoire mondiale de la  musique. En effet, Mory, amoureux des instruments, a eu l’ingéniosité d’électrifier la kora en s’inspirant du mécanisme électrique du violon. On le considère alors, comme   l’inventeur de la première kora électrique.

Ainsi, il façonna cet héritage au goût du jour. Les pieds bien enracinés dans sa culture et l’esprit ouvert aux autres sonorités, Mory Kanté a valorisé la culture mandé à l’échelle internationale.

En 1988, le « griot électrique » avec sa mythique chanson « yéké-yéké » tirée de l’album « AKWABA BEACH » devient  le premier Africain à avoir vendu des millions de disques. Le premier Africain à se positionner, pendant plusieurs semaines, en tête de liste des chartes européennes. Titre repris dans plusieurs langues, en anglais, en arabe, en hébreux, en espagnole etc.

Mory Kanté la mémoire vivante du mandé, dépositaire la tradition orale, a eu un parcours long et riche. Il a fait les beaux jours du RAIL BAND de  Bamako en 1971, en tant que musicien et peu après le départ de Salif Keita, il joue le double rôle  de musicien-chanteur. En 1976,  lorsqu’il s’installe à Abidjan, il fonde le SUPER RAIL BAND.

Plus d’une vingtaine d’albums à son actif. Une longue liste de distinctions et de prix, on peut citer entre autre prix de la voix d’or au Nigeria, prix de la SACEM, ambassadeur de la FAO.

Le 22 Mai 2020, il tira sa révérence à l’âge de 70 ans. Le « Djeli »  qui réussit à positionner les griots au rang de noblesse s’est tu mais sa voix continue de nous transmettre l’authentique histoire de la culture Mandingue.

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